IL FAUDRAIT BRIDER PEUPLEMENTS ET APPÉTITS SUR TERRE
 
 
 

Jusqu'au milieu du dix-neuvième siècle l'espèce humaine n'avait pas tellement plus d'influence sur la planète que les autres parce qu'elle comptait moins d'un milliard d'individus et que la grosse majorité d'entre eux devaient se contenter de très peu pour vivre. Mais depuis on assiste à un changement radical avec la révolution industrielle d'abord, source de bien-être faisant que chaque humain consomme et pollue plus que ses aïeux, et l'explosion démographique ensuite qui fait que le nombre de terriens devrait atteindre les sept milliards vers 2012.

 
 
 

L'enrichissement et le peuplement ne progressent pas partout pareil. Ceux qui ont le plus d'impact sur l'environnement ne sont jamais qu'une minorité. Mais les pauvres qui sont en majorité ne cessent d'augmenter et d'avoir davantage d'appétit. L'accroissement des populations a débuté en Europe d'abord à la fin du dix-neuvième siècle et par la suite dans le reste du monde où il se poursuit, alors qu'on constate à présent une inversion de tendance chez les européens.

 
 
 

Autrefois il y avait en même temps un taux de mortalité élevé contre lequel on ne savait pas faire grand-chose et une forte natalité tout aussi inévitable mais finalement bienvenue dans la mesure où cela compensait et permettait tout de même à l'humanité d'augmenter petit à petit. Par contre aujourd'hui c'est bien plus fort dans l'accroissement des populations. Et c'est dû à la différence entre une diminution de la mortalité consécutive aux effets bienfaisants des progrès en matière d'hygiène et de médecine et une réduction de la natalité beaucoup moins forte parce qu'on laisse faire davantage la nature et ce pour des raisons traditionnelles ou religieuses.

 
 
 

Les soins médicaux font l'unanimité en leur faveur bien entendu mais pas tout ce qui permettrait de réduire la natalité, répugnance touchant les plus pauvres en constante augmentation. L'humanité est donc en très bonne santé du point de vue démographique si l'on peut dire mais cette médaille a un revers qui se sent de plus en plus du point de vue environnemental et s'agissant du niveau de vie. Or il faudra bien que la population mondiale finisse par se stabiliser un jour car l'espace vital sur la Terre est quand même limité. En fait cela devrait être de toute première urgence pour que l'humanité puisse durer indéfiniment en principe et dans des conditions de vie acceptables pour tous.

 
 
 

Il faudrait donc arriver à ne pas dépasser un certain plafond au-delà duquel le peuplement devra même régresser après pour bien faire, entraînant forcément et par la même occasion un vieillissement des populations comme c'est déjà le cas au Japon et dans la plupart des pays européens. En fait l'idéal du point de vue économique et environnemental n'est pas l'augmentation ni la diminution du peuplement mais sa stabilité. Et sur ce point l'Europe pourrait peut-être un peu servir d'exemple au reste du monde de par sa tendance à se dépeupler, ce qui peut être un problème certes mais secondaire par rapport à d'autres.

 
 
 

Cela dépend où on se trouve. La régression démographique dans des pays déjà très denses comme l'Allemagne en Europe ou le Japon en Asie n'a pas le même degré de gravité que celle de la Russie, le plus grand pays sur Terre mais dont la population est passée ces derniers temps en dessous de celle du Bangladesh qui a une superficie équivalente au quart de celle de la France et qui augmente toujours en nombre d'habitants. Il est vrai aussi qu'une femme qui se refuse à un homme risque de s'y prendre de l'acide dans la figure.

 
 
 

Si à présent on vit mieux et plus longtemps qu'au Moyen Âge c'est parce qu'on se soigne en usant de procédés artificiels qui sont comme une « tricherie » par rapport à la nature, même si ce n'est que pour l'aider. Mais si on veut ramener un équilibre équivalent entre natalité et mortalité il faudrait tricher également en sens inverse en limitant les naissances avec une énergie comparable et par des moyens tout autant artificiels.

 
 
 

En même temps ce qu'il faudrait aussi c'est que la croissance des besoins dans les pays développés ralentisse, même si le peuplement se stabilise ou diminue, afin que ceux où il ne cesse de gonfler n'aient pas tendance à prendre le même pli fatal après avoir réussi à figer leurs populations à leur tour éventuellement comme ce fut le cas au Japon qui ne se sera enrichi qu'après s'être très peuplé.

 
 
 

Car on ne peut quand même pas envisager que les pays pauvres le restent tout le temps. Mais le jour où ils finiront par s'en sortir cela risque d'être à un degré de peuplement très élevé. Et c'est alors qu'il leur faudra faire face à d'énormes besoins et à la pollution en découlant comme en Chine par exemple. Et ce avec d'autant plus de force que la stabilisation de leur population aura été tardive.

 
 
 

La façon de vivre des pays riches conduit à la diminution rapide des ressources naturelles dont les énergies fossiles ayant mis plusieurs centaines de millions d'années à se créer et qui disparaîtront en quelques décennies. Et malgré tout ce qu'on fait pour améliorer les rendements les terres cultivables ne pourront pas toujours nourrir la population mondiale en constante augmentation. Alors comme solution de facilité si l'on peut dire on se rattrape sur la faune marine à laquelle on n'arrête pas de rendre la vie plus difficile. Car la pollution humaine d'où qu'elle vienne finit toujours par aboutir à la mer par le ruissellement pour déboucher finalement sur un plateau continental qui grouille de vie.

 
 
 

À ce facteur s'ajoute le fait de pêcher énormément comme le Japon qui ne peut alimenter avec les seuls produits de son territoire sa population pléthorique et envoie un peu partout dans le monde les bateaux à la pointe de la technologie qu'il peut se construire. Mais la pêche c'est au même niveau « primitif » que la chasse dans la mesure où on se contente de supputer sur l'aptitude du gibier à survivre et à se reproduire. Qui plus est le poisson qu'on pêche dans des eaux internationales doit être à tout le monde. Mais seuls vont le chercher ceux qui en ont les moyens matériels et en proportion de leurs besoins, c'est-à-dire de leur population en fait, qui aurait due être moindre chez certains si on s'y était préalablement limité au nombre d'habitants par rapport à la surface cultivable.

 
 
 

L'agriculture c'est à un niveau au-dessus car on donne d'abord et on ne prend qu'après en sachant ce dont on dispose. Et comme les besoins alimentaires ne cessent d'augmenter sur la Terre la production agricole ne devrait pas ralentir dans la mesure où l'humanité se verra obligée de se passer de la faune marine trop pêchée dans quelques décennies peut-être même si elle est pour l'instant indispensable par endroits. L'agriculture pourrait avoir un bel avenir quand un pays comme le Japon devra se fournir en céréales et en viandes beaucoup plus qu'il ne le fait à présent auprès de ceux qui sont excédentaires du point de vue agricole tels que la France ou les États-Unis.

 
 
 

En attendant les gouvernements dans ces pays-là devraient acheter les surplus alimentaires de leurs agriculteurs qui ont tant de mal à vivre parfois afin de les écouler là où on souffre de malnutrition tout en incitant les gens à se servir de contraceptifs qui seraient distribués par-dessus le marché. Cela contribuerait à la fois à sauvegarder le niveau de vie des paysans dans les pays qui donnent, à satisfaire aux besoins alimentaires les plus urgents et à freiner l'accroissement démographique qui maintient la misère. Car la progression des appétits qui en résulte se fait selon un rythme qui rend impossible l'enrichissement.

 
 
 

Les différences de niveau de vie sont aussi la cause des émigrations qui posent tant de problèmes aux pays riches. Le meilleur moyen de les résoudre ce serait de faire en sorte que tout le monde arrive à être à peu près au même degré de richesse et de développement, autrement dit aider les plus pauvres pour qu'ils s'en sortent beaucoup plus qu'on ne le fait. Mais ce devrait être conditionné au fait qu'ils tâcheraient de moins procréer. Ce qui justifierait qu'on leur fournisse en sus les techniques appropriées pour que les naissances non souhaitables ne puissent se faire.

 
 
 

En fait il faudrait encourager les gouvernements des pays les plus prolifiques à prendre des mesures aussi fortes que celle de l'enfant unique en Chine, le seul pays sur Terre à avoir réagi de manière aussi radicale à la tendance à procréer toujours très vivace chez les asiatiques. C'est quelque chose qui ne marcherait pas partout parce que les mentalités ne s'y prêteraient pas toujours et que ça touche à la vie privée des gens. Mais on devrait tâcher malgré tout d'obtenir le même résultat pratiquement en étudiant le meilleur moyen pour chaque pays concerné par le problème de rendre aussi puissamment attractif que possible le fait de se contenter d'un enfant ou deux là où les gens en font bien davantage.

 
 
 
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